Philippe, Jonas et Dimitri, accompagnés d'Andriu (Caritas) sont du 1er au 16 octobre au Bangladesh pour visiter les projet de Caritas dans ce pays.
Vous pouvez les suivre sur le blog de YoungCaritas.
Après leur arrivée à Dhaka et une première rencontre avec les partenaires de Caritas, ils nous transmettent leurs impressions sur la route de Rangpur dans le nord du pays :
Lundi 3 octobre 2011
Ce matin, nous avons quitté Dhaka, ce qui n’est pas une mince affaire, tant la ville est massive. Cependant, les champs finissent par succéder aux maisons et c’est la campagne : fleuves, lacs, rizières, des cheminées de briques qui émergent de terres encore inondées, des petits commerces, et des gros villages plus industriels (industrie textile, bien sûr).
Nous roulons vers le nord : Tangail, Bogra, pour Rangpur. Au passage, nous traversons l’imposant fleuve Brahmapoutre (appelé « Jamuna » au Bangladesh) par le pont Bangabandhu de 3.6 km. A mesure que l’on approche de Rangpur, les routes deviennent plus étroites. Manguiers qui forment des tunnels de verdure, lumière de fin d’après-midi sur les rizières. Une beauté seulement entachées du comportement téméraire (c’est peu dire) des usagers de la route. Ici, il ne fait définitivement pas bon être à vélo.
8 heures de voyage ponctuées par une première visite d’école et un festin bangladeshi. Un départ gastronomique très prometteur ! A suivre.
Hier soir, le projet Cycling-Together a trouvé un prolongement! Nous avons en effet rejoint l'équipe de Caritas Suisse à Lucerne à l'occasion la remise du prix Young Caritas 2010, pour lequel le projet était nominé. Bonne nouvelle : Cycling-Together a remporté le prix ! Nous devons grandement ce succès à votre soutien et nous vous en remercions!
Retour en arrière: il y a exactement une année, nous parcourions le long désert d'Oman, après plus de 10'000 km de découvertes à travers les Balkans, la Turquie et l'Iran. Plus de 20'000 CHF de dons pour un projet soutenu par Caritas en Ethiopie avaient été d'ores et déjà été promis. Quelques semaines plus tard, nous rejoignions le projet puis rentrions en Suisse. Votre soutien fut plus important que prévu, puisque nous récoltions plus de 26'000 CHF au lieu des 23'800 promis pour le trajet dans son entier.
Depuis, le temps a passé, nous avons repris le travail et les études, Dimitri à l'UNIL pour son master, Jonas entre la STEP de Vidy et l'EPFL, et Philippe au Caire pour l'Eawag. Ce beau projet restait dans nos mémoires comme un magnifique souvenir. Puis, hier soir, une surprise de taille nous était réservée. Au printemps 2009, l'équipe de Caritas Suisse nous avait demandé de participer au Young Caritas Award, un prix destiné à encourager la récolte de fonds par des initiatives originales lancées par des jeunes dans le domaine social. Cette plateforme nous a offert une belle visibilité : deux années sur leur site web, le projet cité dans leur newsletter et une aide précieuse pour la communication du projet.
Cette année, treize projets étaient en lice pour la remise de l'"award" (descriptif des projets sur www.youngcaritas.ch). Cycling-Together, nominé pour le prix du public, devait se présenter en quatre minutes. Notre petit film (disponible sur Youtube) magnifiquement présenté en suisse-allemand par Danijela, a reçu un accueil inespéré avec près de 104 décibels d'acclamations (nous n'étions que trois dans la salle à faire partie du projet) contre 108 pour le projet vainqueur, Cistunac, das Sommercamp.
Cycling-Together a ensuite reçu encore plus d'attention du jury qui l'a désigné vainqueur du Young Caritas Award 2010 ! Ce prix prolongera notre collaboration avec Caritas et la communication associée, avec pour but d'augmenter la visibilité de projets dans des pays défavorisés.
Nous vous souhaitons un bel automne et une excellente fin d'année.
comme vous avez pu l'apprendre dans notre précédant message, nous avons fini notre voyage à vélo et sommes rentrés pour Noël en Suisse.
C'est avec la tête pleine d'images, de souvenirs, de rencontres et d'amitiés que nous nous réaclimatons gentiment à un rythme de sédentaire et à tout ce qui va avec.
Grâce à vous tous les parrains, notre projet va permettre de récolter plus de 22'000 CHF (promesses de dons) pour le projet de développement en Ethiopie. Cette somme est loin d'être négligeable et permettra de faciliter l'accès à de l'eau potable et à améliorer les conditions d'hygiène pour de nombreuses familles pauvres des montagnes de l'est éthiopien. Nous vous sommes donc extrêmement reconnaissant pour votre soutien.
Nous allons vous envoyer dans le courant du mois de février un courrier contenant les modalités de payement. En attendant, si vous connaissez d'autres personnes potentiellement intéressées par notre projet, nous recherchons encore des parrains, donc n'hésitez pas à faire de la publicité autour de vous!
Au plaisir de vous voir ou revoir
Nous vous souhaitons une belle année 2010 riche en découvertes et rencontres, le monde est si vaste et si intéressant.
Merci à vous tous
Toute l'équipe de Cycling Together
PS: si vous avez changé d'adresse de facturation depuis votre inscription, merci de nous le faire savoir par retour d'e-mail
voila le dernier chapitre de notre périple a vélo: l Éthiopie.
Après quelques jours a Dire Dawa, ou nous avons eu la chance d assister au festival des différentes ethnies éthiopiennes, dans leurs habits traditionnels, puis un aller retour a Harar, ou nous avons pu nourrir nous même les hyènes, ces impressionnants charognards, nous voila repartis sur nos vélos.
Une bonne montée de 1000m pour nous retrouver dans des montagnes toutes cultivées (sorgho, banane, tef, ...) et toutes verdoyantes (ça change du désert), puis une route qui suit les crêtes autour de 2000m d altitude: superbe vue des 2 cotes, avec ces cultures et un habitat très dispersé de petites huttes rondes au toit de chaume...le vrai Afrique des livres d enfants. Un seul bémol: ca ne fait que monter et descendre, et on accumule plus de 2000m de dénivelé positif par jour! Et a chaque montee une dizaine de gamins qui rentre de l ecole nous suivent sur plusieurs kilometres, juste pour s amuser ou mendier des sous, un crayon ou tout ce qui traine sur notre velo.
Puis une bonne descente pour nous retrouver dans la plaine a moins de 1000m. La encore des cultures de cereales, mais les huttes sont regroupees en petits villages sur les buttes, et la population semble bien plus pauvre. Puis retour de l aride, avec comme seule vegetation des forets d acacias qui assurent la survie des quelques nomades qui vivent de leur quelques chevres et dromadaires et de la production de charbon de bois (ce qui accelere la deforestation).
Nous entrons ensuite dans le parc national d Awash, avec quelques singes, un orix, et beaucoup d oiseaux, notamment au bord du lac que domine un grand cone volcanique et qui est entoure de coulees de lave noire (comme la couleur de l eau).
Legere montee pour nous retrouver dans un paysage totalement volcanique, avec des cones de toutes tailles, et des plaines de laves noires recouvertes de buissons epineux vert tendre. Beaux paysages mais tres hostiles, et peu de monde y vit, seuls quelques éleveurs avec de grands troupeaux de vaches et de chevres. C est la aussi que nous nous retrouvons une nuit sous un gros orage, avec inondation de la place de camping, qui se transforme vite en lac de boue...
Une autre petite montee pour deboucher dans une large vallee a 1600m, entierement cultivee, surtout des cereales deja moissonees, avec des arbres et beaucoup de monde qui y vit. Retour des charrettes sur la route, ainsi que des nombreux pietons et troupeaux. Nous passons ensuite Nazret et Mojo pour redescendre dans la vallee du Rift, large plaine parsemee de grands lacs que l on aperçoit a peine depuis la route. Une premiere partie tres agro-industrialisee avec elevages, cultures de fraises et de fleurs d export sous des enormes serres. Puis une savane cultivée parsemee de grands arbres et de petits villages de huttes rondes. Retour dans l Afrique profonde.
Chaque soir notre campement attire une foule venant des villages voisins, qui nous regarde du montage de la tente, preparation du repas jusqu au moment d aller se coucher, la nuit tombee depuis longtemps. Et le matin, nous avons a peine le temps d aller faire nos besoins que les villageois reviennent nous regarder déjeuner...
Une rapide visite de la ville de Shashameme, la capitale des Rastafari, un peu décevante vu le faible nombre de rasta croises dans les rues, puis nous traversons la plaine du rift pour remonter de l autre cote dans des paysages encore plus verdoyants, avec de nombreux arbres le long de la route, et toutes sortes de cultures. Nous traversons la region de l ethnie des longs chapeaux, qui ont la tradition de mendier enfants comme adultes. Arrivee dans un village a l heure de la sortie de l ecole: une centaine d enfants nous courent apres, mendiant tout ce qu ils voient, s accrochant a nos sacoches, et lorsqu on s enerve, nous répondant par une pluie de cailloux (qui ne nous ont pas atteint heureusement). Heureusement cette mauvaise experience ne s est pas reproduite tres souvent.
Depuis Sodo, une ville a 2100m tres verdoyante, nous prenons plein sud une piste assez fatigante pour rejoindre des grands lacs bruns, une zones assez arides avec le retour des acacias, puis des cultures verdoyantes de bananes, mangues, papayes, maïs, cafe et meme coton, pour finalement arriver a Arba Minch, petite ville universitaire au pied des montagnes entre deux lacs, le point le plus au sud de notre voyage (6° latitude nord). De la, nous profitons de nous balader dans une reserve, une jungle remplie de singes et de lianes, puis de prendre un petit bateau pour aller voir une plage infestee de crocodiles du nil, atteingant jusqu a 5m, se dorant au soleil la bouche ouverte, pendant que les hippopotames barbotent a cote du bateau sous l oeil attentif des pelicans et autres flamands. Tres belle region, encore tres sauvage et bien preservee.
Retour en bus a Sodo pour ne pas refaire ces 120km de mauvaise piste, puis direction Addis Abeba par un enchainement de plaine et montagnes, d abord tres vertes avec culture de mais, bananes, cafe, avocats, puis de plus en plus jaunes avec cultures de cereales en train d etre moissonnees. Et toujours ces petits villages de huttes rondes si typiques. Une route toute neuve rien que pour nous, quelques vehicules de l ONU, et surtout beaucoup de pietons et de charrettes. Eole ne veut pas que l on finisse notre voyage et nous subissons un fort vent contraire pour ces dernieres etapes... ca aurait ete plus facile de continuer sur le Kenya ;-).
Visite d un site prehistorique a Melka Kuntur dans la vallee de l Awash, ou l on retrouve les restes de nos ancetres communs bien lointains. Un carrefour a 20km d Addis qui marque la fin des cultures et des petits villages traditionels pour arriver dans une zones de forets d eucalyptus et d industries de toutes sortes. Puis c est l entree dans Addis Abeba dans un embouteillage de minibus et voitures individuelles (probablement les seules en ethiopie). Grande ville tres etalee, sans charme particulier, trop grande pour etre parcourue a pied, un peu risquee a velo, mais par contre tres verte avec des eucalyptus partout et un climat plutot frais a 2300m, variant entre 15 et 20C, avec un ciel gris et plusieurs petites averses.
Avant de poser definitivement nos velos, Addis Abeba marquant la fin de notre voyage, nous profitons de monter sur la montagne Entoto qui domine Addis a presque 2900m, le point le plus haut monter a velo durant ce voyage. Au sommet, une vue brumeuse sur la ville perdue dans les forets d eucalyptus, et une vieille eglise creusee dans la roche si typique du nord de l Ethiopie.
L Ethiopie, un pays riche en cultures et en diversites paysagere, des gens tres souriants bien qu un peu mendiant, un pays ou il faudra revenir pour visiter tous ce que l on n a pas pu voir. Une Afrique qui nous a charme, ou les gens vivent dans une culture encore preservee du capitalisme occidental, ou il est difficile d obtenir un sac plastique quand on fait les courses au marché, ou les femmes et les jeunes font encore plusieurs kilometres a pied chaque jour pour aller chercher l eau, ou tout le monde se deplace a pied et ou l on se sent comme des bolides avec nos velos, et vraiment riche avec tout notre equipement. Un beau pays pour finir notre voyage...
Apres 13200km dans les jambes, 18 pays traverses, 170 jours de voyages, des centaines de rencontres qui remplissent nos coeurs, des paysages pleins les yeux, des rires et des sourires, tant de cultures differentes, des moments penibles, des efforts intenses avec toujours une recompense, un partage et une complicité entre frangins qui ne s oubliera jamais, des incertitudes et de l aventure, de nouvelles decouvertes tout les jours... c est maintenant le moment de demonter nos velos, de finir cette aventure humaine pour retrouver notre train train quotidien en Suisse.
Depart le 24 decembre au matin de l Ethiopie en avion, via le Caire ou l'on survole les impressionnantes pyramides et le delta du Nil, pour passer noel en famille le meme soir en Suisse. Retour dans la neige (ou plutot pluie) et le froid pour realiser gentillement ce que l on vient d accomplir et pour redescendre gentillement sur une autre planete ou les obligations remplacent la liberte du cyclotouriste...
Merci a tous ceux qui nous ont suivi. Nous esperons avoir pu partager un peu ce magnifique voyage avec vous et peut-etre le revivre avec vous en image en Suisse.
Il y a maintenant plus d'une année, nous avions décidé de tenter de rejoindre l'Ethiopie à vélo, en passant par les Balkans, la Turquie, l'Iran, Oman et le Yémen. Une route qui nous semblait longée d'incertitudes, mais que nous espérions pouvoir parcourir dans sa totalité, tant les promesses de découvertes et de rencontres qu'elle nous offrait paraissaient magiques. Ces différents pays et populations devaient nous faire vivre une expérience formidable. C'est alors que s'est posée la question de savoir ce que nous laisserions à ces gens, d'autant plus que certains d'entre eux vivent dans des pays où la pauvreté fait des ravages. C'est à ce moment qu'a germée l'idée d'associer à notre voyage une récolte de fonds en faveur d'un projet de développement dans un des pays traversés.
C'est alors qu'avec Jonas nous avons commencé à monter le projet "Cycling Together". Il a fallu imaginer de quelle façon nous pourrions récolter des fonds pour que cela ait un lien avec le voyage et contacter différentes ONGs afin de trouver un projet qui se trouvait plus ou moins sur notre route et qui nous semblait pertinent. Nous avons finalement opté pour un parrainage au kilomètre, en faveur d'un projet de développement soutenu par Caritas Suisse en Ethiopie. Ce dernier concerne près de 50'000 personnes, principalement dans le domaine de l'assainissement et la gestion des ressources en eau. Ce projet nous semblait pertinent dans le sens où il intègre également la construction de latrines, des programmes éducatifs relatifs à l'hygiène et la contamination de l'eau et tout ceci par une approche participative permettant aux populations de maintenir cette organisation à la fin du projet.
Une fois ces choix arrêtés et la collaboration de Caritas Suisse confirmée, il a fallu organiser le projet de façon à le rendre attractif, et trouver des parrains. Toute une équipe est venue se greffer là autour, grâce à laquelle ce projet a aujourd'hui pu aboutir dans des conditions que nous n'aurions même pas espérées. Nous sommes donc partis le 7 juillet de la maison, à Rossinière. Après 144 jours de voyage, 11860km et 18 pays traversés, nous sommes arrivés à Dire Dawa, ville éthiopienne où est localisé le HCS, organisation gérant le projet que nous soutenons. Il était prévu qu'en arrivant, les responsables nous feraient visiter le projet, nous permettant ainsi de voir concrètement ce pourquoi nous avions créé Cycling Together. Nous avons été accueillis ici comme des rois. Bekele, responsable de toute la partie développement du HCS nous a accueillis avec la télévision locale et nous loge dans leur guest house. La première impression est pour nous très gratifiante, on voit que ce que nous avons fait intéresse des gens, et que l'organisation nous en est reconnaissante. En plus d'une brève aux infos, la télé nous contacta pour un interview quelques jours plus tard.
Le HCS (Hararge Catholic Secretariat) comporte deux parties. La première fait du "développement pastoral", soit la création d'écoles, orphelinats ou hôpitaux en lien avec l'église. La deuxième, celle que nous soutenons, fait du développement pur, principalementdans l'amélioration des conditions d'hygiène liées à l'eau (captage de sources, construction de latrines, programmes de sensibilisation, utilisation de méthodes participatives). Nous partons avec Bekele et plusieurs membres de son équipe, ainsi que Susanne (responsable Caritas Suisse) et deux membres de Caritas France pour deux jours de visites sur le terrain. Nous avons eu la chance d'assister à deux inaugurations, la première de nuit, d'un captage de source au fond d'un vallon, permettant à quatre villages sur les collines alentours (environ 1.5-5km) d'avoir un accès à de l'eau sans matière en suspension, et à un débit plus important qu'auparavant. Malgré la nuit, nous sommes accueillis par des chants, des robes de couleurs et surtout une quantité de sourires qui font chaud au cœur. Les responsable du comité local de gestion nous offrent des paniers tressés, font des discours de remerciements. On ne voit pas grand chose, mais on sent que pour eux, ce simple tuyau amenant de l'eau est une nette amélioration de leur qualité de vie. Les enfants nous glissent des "Thank you, we're really happy !" et nous aident à remonter dans le chemin caillouteux de nuit. Au village sur la crête, nous nous arrêtons dans différentes maisons pour voir les latrines qui ont étés construites, et qui limitent fortement les contaminations fécales.
Le lendemain, nous assistons à différentes présentations données par des membres du HCS, notamment sur la gestion des installations une fois le projet terminé (les autorités sont censées reprendre à leur charge les grosses réparations, les communautés tout ce qui est petit entretien), et une autre présentation sur la méthode PHAST qui permet de sensibiliser et d'éduquer les populations par des méthodes très simples aux problèmes de l'hygiène.
Nous allons ensuite voir une équipe de maçons, préparant des plaques pour la construction de latrine dans leur village. Dans chacune des communautés où il y a un projet, le HCS met en place un programme éducatif relatif à l'hygiène. Des latrines privées sont également construites, par le creusement d'un trou de taille spécifique, la fabrication d'un abri en bois tressé et la pose d'une plaque en béton. Une fois le trou remplit, un arbre fruitier y est planté et la latrine est déplacée. Des maçons sont formés afin de produire localement ces plaques en béton, et de pouvoir continuer de le faire une fois le projet terminé. Ceux que nous visitons ne sont plus suivi par le HCS, mais utilisent les compétences acquises pour créer des dizaine de plaques afin d'équiper la majorité des familles de la communauté. Lors de notre visite de la veille, chaque famille voulait nous montrer sa latrine, construction dont ils sont très fiers !
Nous reprenons ensuite la route en direction de Dire Dawa. Nous allons assister à une deuxième inauguration. Dans ce village, c'est un prolongement d'une conduite arrivant quelques kilomètres plus haut qui a été créé. Cette fois nous arrivons de jour, et pouvons admirer tout ces gens dans leurs beaux habits, robes de couleurs, boucles d'oreilles. Ici, ce sont principalement les femmes qui nous accueillent de leurs cris, leurs chants, maquillées de points au henné sur le visage. Après nous avoir montré les nouvelles installations et expliqué leur fonctionnement, les responsables de la communautés offrent des paniers tressés aux responsables de Caritas, et nous font déguster une pate de céréales (riz, sorgo et d'autres) qu'ils mélangent avec du miel local. Deux femmes font les mélanges et nous "lancent" la nourriture dans la bouche. Pas moyen de refuser ! Etre nourris ainsi est en Ethiopie un signe de respect et d'amitié. Leur gentillesse, leurs sourires et leurs chants montrent que pour eux cet accès facile à une eau claire est vraiment important. Il est d'ailleurs important de noter que le comité local de gestion a commencé à discuter des possibilités de fournir une eau de meilleure qualité aux communautés situées à l'aval, et ceci sans demander de l'aide au HCS, preuve du besoin réel de ces populations, et de l'efficacité de l'approche participative. La pluie empêchant les 4x4 de rouler, nous partons de nuit pour quelques kilomètres de marche avant de retrouver la route ou deux autres voitures sont venues nous chercher. C'est presque avec regret que nous partons, l'occasion de passer la nuit dans ce village aurait surement été une expérience intéressante.
Les quelques jours qui suivirent, nous avons pu visiter d'autres choses, plus directement en lien avec le projet que nous soutenons. Création de barrages souterrains pour stocker les flux de subsurface dans les rivières à sec, visite des entrepôts et des stocks du HCS ainsi que de la première station de traitement des eaux usées en Ethiopie.
De ces quelques jours de visites, trois éléments m'ont particulièrement touchés. Le premier a été de voir le besoin réel de ces communautés, le changement énorme que signifie pour eux un projet de captage de source et la joie qui en résulte. Le second est l'efficacité et le professionnalisme de l'équipe du HCS. Tout le monde est au courant de tout ou saura vers qui nous aiguiller. Leur organisation ainsi que leur approche du terrain et de la gestion participative des projets m'ont mis en confiance et convaincus. Le troisième élément est la reconnaissance du HCS pour notre projet. Bekele nous a à chaque fois introduits, expliqué notre projet aux communautés et remis un certificat de reconnaissance signé par l'archevêque, etc. Pourtant notre action rapportera peut être 20'000CHF sur les quelques 500'000 que doit représenter ce seul projet, et toute l'équipe avait bien d'autres choses à gérer mais ils ont tous pris le temps de tout nous expliquer.
Toute cette expérience a été pour nous très enrichissante et gratifiante. Si ce projet a pu aboutir, c'est avant tout grâce à toute notre équipe que je tiens à remercier.
Un tout grand merci à tout le reste de l'équipe de Cycling Together : Antoine et Camille pour leur exceptionnel travail de webmaster, ainsi que Danijela pour les traductions et les mises à jour internet. Merci aussi aux personnes qui nous ont aidé d'une manière ou d'une autre, notamment Jacqueline et Marita pour leurs traductions ainsi que Lisou, Sophie et Francois pour leur importantes recherches de parrains. Un grand merci à Astrid et Alex du « duo des cimes » (www.duodescimes.fr) pour nous avoir prêté leur balise SPOT qui nous a permis de vous transmettre notre position au jour le jour. Merci également à Susanne, Sara et Andriu de Caritas Suisse et Young Caritas pour leur soutien, ainsi qu'à toute l'équipe du HCS en Ethiopie, pour leur accueil et leur professionnalisme !
On se réjouit maintenant de finir notre périple pour les quelques 20 jours qui nous restent en Ethiopie, on vous tient au courant.
Pour l'équipe, Dimitri
PS: Dans une ambiance festive de fin d'année, merci de profiter de faire de la publicité autour de vous pour inciter quelques personnes de plus à parrainer le projet !
Nous voici arrives a Dire Dawa, ville accueillant lorganisation du projet de caritas. Comme nous l'a dit Bekele le responsable local, "our mission is finish" !!!
La ville de djibouti est typiquement une ville post-coloniale mal entretenue, ou le carre des rues et des batiments ne correspond pas du tout a l'(in)organisation locale actuelle. Il y a bcp de militaires francais (2000 plus les familles), seul revenu du pays. La route entre Djibouti et ici etait magnifique, mais a mis les velos et les cyclistes a rude epreuve. Nous avons en effet parcouru quelques 350km dont 220km de mauvaise piste (tole ondulee, cailloux...). Nous avons decouvert en quelques jours l'Afrique dont nous revions, petits village de hutes rondes, les gens qui vont chercher leau a la pompe ou au puit dans la riviere (a sec) la plus proche, beaucoup de sourirs, de signe de la main, de robe de couleur (et meme pas encore de cailloux, en tout cas pas ayant atteint leur objectif) !! La vie sauvage est de loin la plus variee que nous avons vu, avec plusieurs sortes de gazelles, dont des toutes petites (okapi ?), des babouins, des dromadaires, des autruches, des hermines et belettes, et plein de sortes d'oiseaux, dont probablement d'elegant toucans.
Notre accueil ici a ete ettonant. Quelques 10km avant la ville, une voiture s'arrette, les gens prennent des photos, il y a une camera de television. C'est Bekele le responsable local qui a vu notre balise hier soir, et qui est venu avec la television locale, puis des journalistes. On nous emmene a la guest house de l'eglise catholique, ou est affiche un enorme panneau nous souhaitant la bienvenue, avec nos photos et un bref descriptif de ce que lon fait... !
Il semblerait qu'on retrouve Philippe ce soir ou demain, et partons demain soir avec caritas suisse, france et des locaux pour aller voir le projet dans les montagnes. On devrait etre de retour lundi soir, on verra a ce moment la ce que l'on fera de la suite de notre temps.
Salalah, tout au sud d Oman, a la frontiere avec le Yemen, est la ville qui marque la fin de notre voyage a trois, Philippe repartant en bus pour Dubai, et nous continuant en bus (pour des raisons de securite) pour rejoindre Sanaa, capitale du Yemen. Salalah est donc l'occasion de faire un petit bilan chiffre de notre voyage jusque la.
- De la Suisse a Salalah: 11300km en 127 jours, soit en moyenne 90 km/jour. - 90'115m de denivele positif, soit en moyenne 710m/jour - 590 heures de selle, ce qui correspond a une vitesse moyenne de 19km/h sur tout le voyage - Altitude maximum: 3115m a pied au Kara Golu en Turquie, 2640m a velo au col Cam en Turquie. - Altitude minimum: -20m au bord de la mer Caspienne - Record journalier de denivele positif: 2400m lors de la montee du col Cam en Turquie.
Oman a ete le pays de presque tous les records: - plus petite vitesse moyenne journaliere:7.6 km/h sur 35km lors de la montee du Wadi Bani Awf - record de lenteur:1.8 km/h lorsque nous poussions nos velos dans cette meme montee - record de vitesse: 85.8 km/h lors de la descente de l autre cote du wadi Bani Awf - plus grande vitesse moyenne journaliere: 27.2 km/h sur 130km pour notre etape d arrivee sur Muscat - plus grande distance journaliere: 190km dans le grand desert plat avec un bon vent dans le dos :-) - record d'endurance: 809km en 5 jours soit du 161.8 km/j en moyenne, ou 1062 km en 7 jours, soit du 151.7km/jour en moyenne (et avec des velos de plus de 60kg) - record d'heures de selle journaliere: 7h45 pour une distance de 180km dans le desert - record de consommation d eau: 8 litres par jour et par personne dans le desert avec des temperatures de 35 a 38C - record de chargement des velos: 11kg de nourriture (pour 7 jours) et 12 litres d eau (pour 1.5 jour), soit des velos de plus de 73kg au depart de notre traversee de 1000km de desert - record de jours sans douche: 10 (je vous raconte pas le bien que ca fait de se sentir propre)
Cote meteo: nous avons eu que 14 jours sur 135 avec de la pluie durant la journee (la majorite a la fin de la Turquie et au nord de l Iran). Autant vous dire que nous n avons pas encore rentabilise nos vestes Gortex. Nous avons eu des temperatures de 1C en Turquie a plus de 38C a l ombre dans les deserts (ou il n y a pas bcp d ombre). Et nous avons eu une majorite de vent de dos, malgre les quelques jours penibles avec fort vent de face.
Cote materiel: nous avons casse une chaine, 5 a 8 crevaisons chacun, 1 a 3 rayons casses chacun, 1 pneu use chacun, un cadre casse au niveau de l'attache du porte-bagage, 3 arceaux de tente casses (comme quoi payer cher pour du Vaude ne vaut pas la peine compare a notre tente decathlon), plus divers usures usuelles. Tout a pu etre repare tant bien que mal et nous esperons que ca tiendra jusqu a la fin du voyage.
Cote sante: mise a part une indigestion en Macedoine, une diarhee en Bulgarie, plus quelques troubles gastro-intestinaux mineurs a Oman, nous n avons pas ete malade, et aucun de ces symptomes ne nous a empeche de rouler nos etapes habituelles. On peut dire qu on a de la chance puisque nous n avons purifie l eau que nous buvons que 2 fois... nos corps se sont bien habitues aux grosses chaleurs, a l effort, au soleil, a la nourriture des rues et a l eau du robinet. Le velo c'est la sante :-)
Voila un resume chiffre de nos premiers quatre mois de voyage, a travers 16 pays et autant de cultures differentes.